alliance santé /fr/ Fri, 16 Aug 2013 06:52:22 +0000 fr-FR hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.5.2 « La caisse unique générerait un climat d’extrême incertitude » /fr/actualites/la-caisse-unique-genererait-un-climat-dextreme-incertitude/ /fr/actualites/la-caisse-unique-genererait-un-climat-dextreme-incertitude/#comments Fri, 16 Aug 2013 06:51:58 +0000 admin /?p=1048 Dans la dernière des trois parties de l’entretien qu’il nous a accordé, le dr. med. Felix Huber évoque la collaboration avec les assureurs privés et l’incidence d’une caisse unique sur les négociations tarifaires. Dr Felix Huber, les partisans de l’initiative en faveur de la caisse unique affirment que cette solution mettrait davantage l’accent sur la [...]

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Dans la dernière des trois parties de l’entretien qu’il nous a accordé, le dr. med. Felix Huber évoque la collaboration avec les assureurs privés et l’incidence d’une caisse unique sur les négociations tarifaires.

Dr Felix Huber, les partisans de l’initiative en faveur de la caisse unique affirment que cette solution mettrait davantage l’accent sur la santé des patients, en particulier des malades chroniques. Qu’en pensez-vous ?

Ce sont des promesses en l’air. Qu’est-ce que la caisse unique pourrait améliorer ? Qui est sensé s’occuper de ces malades ? Certainement pas les fonctionnaires, mais bien les médecins présents sur le terrain, tout comme c’est le cas aujourd’hui, et ils ne changeront pas leurs méthodes à cause d’ordres venus d’en haut. Aucun programme de Disease Management (programme de traitement pour malades chroniques) ne changera quoi que ce soit si les médecins ne coopèrent pas. L’exemple de l’Allemagne montre bien que de tels projets sont voués à l’échec.

Les initiateurs affirment en outre qu’actuellement, les assureurs-maladie se livrent à une chasse aux bons risques, mais l’amélioration de la compensation des risques pallie déjà largement cet écueil. Un système d’assurance socialement équitable repose justement sur l’amélioration constante de la compensation des risques. Pas sur une caisse unique.

Les initiateurs souhaitent que la structure de direction de la caisse unique se compose, entre autres, de médecins et de prestataires. Ce serait positif pour les médecins, n’est-ce pas ?

Si les médecins et les prestataires sont représentés dans le comité de direction de manière paritaire aux côtés de représentants de la Confédération, des cantons et des assurés, la situation sera paralysée et la caisse unique sera un fiasco. Citons à cet égard l’exemple des négociations TARMED, où quatre partenaires se bloquent mutuellement depuis des années. Dans le cas de la caisse unique, ce serait une catastrophe car plus personne ne déciderait de quoi que ce soit. Cela générerait un climat d’extrême incertitude pour toutes les parties prenantes. On en viendrait à regretter le passé.

Comment vivez-vous la collaboration avec les assureurs-maladie dans votre pratique quotidienne ?

En règle générale, la collaboration se passe très bien et nous entretenons des rapports sains avec les assureurs. Nous n’avons d’autre choix que d’avoir de bonnes relations durables, d’être justes et de corriger les erreurs. La majorité des caisses se montrent très souples et recherchent des collaborations positives, de longue durée, avec les réseaux de médecins. On trouve pratiquement toujours des solutions porteuses. Les assureurs ont également tout intérêt à pouvoir indiquer de bons médecins de famille à leurs patients. C’est la raison pour laquelle nous ne considérons pas les assureurs comme des despotes, mais bien de véritables partenaires de négociations. Nous sommes parfaitement en mesure de formuler nos exigences et, parfois, aussi, de les concrétiser car nous disposons d’un moyen de pression majeur : nous ne signons de contrats que sous certaines conditions. Il s’agit généralement de négociations laborieuses, mais on n’y coupe pas lorsque les montants en jeu sont si importants.

Si vous pouviez changer trois choses dans notre système de soins de santé, quelles seraient-elles ?

1. Le problème le plus urgent à régler est la pénurie de médecins de famille qui se dessine. Si nous n’y remédions pas, les soins de santé se retrouveront en crise et la qualité de la médecine s’en ressentira. Nous devons donc mettre tout en œuvre pour former davantage de médecins de famille et rendre le métier plus attrayant. Comment ? En améliorant les revenus et le prestige et en allégeant la bureaucratie. Les médecins de famille doivent en outre être plus libres de leurs actes. Nous sommes sur la bonne voie, mais encore loin du but. Et le temps presse.

2. Il faut aussi impérativement améliorer la compensation des risques afin de créer les conditions justes sur lesquels baser une concurrence socialement équitable dans le secteur des soins de santé.

3. En guise d’alternative à la caisse unique, je souhaiterais limiter au maximum la bureaucratie et voir toute nouvelle étape réglementaire mûrement réfléchie. En effet, tout nouvel engagement ou réglementation génère toujours davantage de pression administrative pour les assureurs-maladie et les médecins.

Au sujet de notre interlocuteur :

Dr. med. Felix Huber est médecin généraliste FMH. Avec les dr. med. Martin Büchi et Valeria Meissen, il dirige conjointement le cabinet de groupe mediX, à Zurich. Il est président de mediX zürich et membre d’alliance santé.

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«Tout système public tend aux restrictions» /fr/actualites/tout-systeme-public-tend-aux-restrictions/ /fr/actualites/tout-systeme-public-tend-aux-restrictions/#comments Fri, 09 Aug 2013 13:50:28 +0000 admin /?p=1027 Dans la deuxième des trois parties de l’entretien qu’il nous a accordé, le dr. med. Felix Huber évoque les conséquences de la caisse unique pour les frais administratifs, le libre choix du médecin et les soins de santé. Dr. Felix Huber, de nombreux prestataires, notamment les médecins de famille, espèrent que la caisse unique leur [...]

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Dans la deuxième des trois parties de l’entretien qu’il nous a accordé, le dr. med. Felix Huber évoque les conséquences de la caisse unique pour les frais administratifs, le libre choix du médecin et les soins de santé.

Dr. Felix Huber, de nombreux prestataires, notamment les médecins de famille, espèrent que la caisse unique leur offrira de meilleures opportunités lors des négociations tarifaires. A raison ?

C’est là une vision que je ne partage absolument pas. Comme je l’ai dit dans la première partie de notre entretien, c’est exactement le contraire qui s’est passé pour les tarifs des laboratoires, à savoir que nous avons été encore plus mis à l’épreuve par l’instance unique, l’OFSP, que nous ne l’étions auparavant. L’OFSP peut fixer les tarifs. On n’en est pas encore là avec le TARMED.

Je ne pense pas qu’une caisse unique permettrait aux médecins de bénéficier de meilleurs tarifs. Cela générerait un surcoût sans que la caisse unique, contrainte elle aussi de contrôler ses dépenses, ne puisse se permettre d’augmenter les primes. La caisse unique aggraverait encore la situation des médecins car nous serions livrés pieds et mains liés à un seul partenaire de négociations omnipotent.

L’expérience nous montre que les entreprises publiques génèrent davantage de bureaucratie. Les partisans de la caisse unique prétendent tout le contraire.

De nombreux médecins estiment que les assureurs actuels ont une attitude paternaliste et s’immiscent dans leur sphère de compétence. Étrangement, on s’imagine que la caisse unique changera cela, mais ce n’est qu’un vœu pieux, puisqu’elle renforcera sans aucun doute la densité normative et la bureaucratie. Ce qui implique une multiplication des fonctionnaires chargés de contrôler et d’imposer des règles. En termes de frais administratifs, le marketing est le seul poste où l’on pourra éventuellement réaliser des économies. A part ça, les frais administratifs seront amenés à grimper faute de concurrence entre les assureurs et, partant, d’incitation à s’améliorer.

Il faut en outre tenir compte de projets centralisés qui devront être mis en œuvre de manière pyramidale. Je pense notamment aux programmes nationaux de Disease Management ou au concept d’interlocuteur personnel de santé qui prévoit que le médecin de famille soit imposé et doive tenir compte de considérations commerciales dans sa pratique. Et comment garantir qu’il en tient bien compte ? En le contrôlant. Et, pour cela, il faudra engager encore plus de fonctionnaires. Je pense que la bureaucratie ne fera que s’accentuer et que les frais administratifs seront en fin de compte plus élevés qu’aujourd’hui, pour les médecins aussi.

Les initiateurs du projet avancent la SUVA comme argument en faveur de la caisse unique publique. Est-ce convaincant ?

Il s’agit là d’une comparaison totalement injustifiée. La SUVA ne jouit d’aucun monopole. Elle n’est qu’une assurance-accident parmi tant d’autres. En outre, elle traite une problématique bien différente dans un domaine tout aussi éloigné. La SUVA ne s’occupe pas de malades chroniques, mais de victimes d’accidents. Traiter les malades chroniques s’avère nettement plus complexe car les maladies chroniques polymorbides exigent des traitements spécifiques compliqués, impossibles à réaliser dans un simple programme de réhabilitation. Les processus nécessaires sont beaucoup plus coûteux.

La SUVA traite évidemment bien moins de cas que les assureurs-maladie. Nous estimons qu’environ 45 % de la population souffre de maladie chronique. Si les victimes d’accidents étaient si nombreuses, la SUVA se serait effondrée depuis longtemps. Les deux caisses ont donc aussi des besoins différents en termes d’effectifs.

Quelle serait l’incidence de la caisse unique sur le libre choix du médecin et de la thérapie ?

C’est impossible à prévoir. Je crains que les syndicats ne fassent pression pour faire adopter le système de médecin de famille désigné en Suisse. En tout état de cause, cela m’étonnerait que l’on parvienne à supprimer le libre choix du médecin en Suisse. La population serait scandalisée. Ce système de médecin de famille désigné ne constituerait dès lors qu’une pseudo-solution car le patient se rendrait comme avant chez le spécialiste, mais le médecin de famille le lui prescrirait a posteriori. Il s’agirait d’un simulacre de Managed Care.

On dit toujours que la caisse unique entraînerait des restrictions cachées. Qu’en pensez-vous ?

Je soupçonne qu’avec la caisse unique, les primes grimperaient encore plus vite qu’aujourd’hui. Les responsables se retrouveraient sous pression après quelques années et seraient contraints de prendre des mesures par crainte de voir les primes exploser. Ce serait une solution tentante, sachant que tout système public tend aux restrictions, avec toutes les injustices que cela peut entraîner. Tout comme un système public, la caisse unique a la possibilité de restreindre ses prestations et c’est ce qu’elle tentera de faire si ses coûts s’emballent. La caisse unique pourra par exemple s’ingénier à limiter les choix thérapeutiques et appliquer des conditions spéciales à des traitements coûteux. Chaque élément du catalogue des prestations peut être assorti de limites. La caisse pourrait ainsi décréter que les patients âgés de 85 ans et plus n’ont plus droit aux opérations de la hanche, comme c’est le cas au Royaume-Uni. Des patients obèses présentant un IMC supérieur à 35 pourraient se voir refuser la pose d’une hanche artificielle. Certaines interventions chirurgicales ou des traitements particulièrement onéreux ne seraient alors autorisés que moyennant certaines conditions. C’est une situation que nous observons actuellement dans le domaine pharmaceutique où de nombreux médicaments sont soumis à des restrictions spécifiques.

La caisse unique pourrait également rationaliser ses coûts en n’autorisant certains traitements que dans les hôpitaux d’agglomération de grande envergure ou encore imposer des restrictions en raison du nombre important de spécialistes en Suisse. Notre pays n’est cependant pas prévu pour un système de plan centralisé, mais bien pour un système fédéral où les décisions se prennent à partir de la base. Il sera donc excessivement compliqué de mettre en œuvre de telles interventions centralisées. La densité adéquate de la prise en charge ne fera jamais l’unanimité non plus. Ainsi, aujourd’hui, à Genève et Bâle-Ville on pratique deux fois plus de médecine qu’en Suisse centrale ou en Appenzell, alors quelle est la densité de prise en charge adéquate ? Celle de Bâle-Ville ou celle de l’Appenzell ? Et si l’on tablait sur la moyenne nationale, les Bâlois et les Genevois crieraient au scandale, tandis que les Appenzellois n’accepteraient jamais de payer des impôts si élevés pour financer un tel luxe.

Au sujet de notre interlocuteur :

Dr. med. Felix Huber est médecin généraliste FMH. Avec les dr. med. Martin Büchi et Valeria Meissen, il dirige conjointement le cabinet de groupe mediX, à Zurich. Il est président de mediX zürich et membre d’alliance santé.

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« La caisse unique serait une tragédie pour les médecins » /fr/actualites/la-caisse-unique-serait-une-tragedie-pour-les-medecins/ /fr/actualites/la-caisse-unique-serait-une-tragedie-pour-les-medecins/#comments Tue, 30 Jul 2013 11:15:31 +0000 admin /?p=993 Dans la première des trois parties de l’entretien qu’il nous a accordé, le dr. med. Felix Huber évoque les conséquences de la caisse unique pour le modèle de médecin de famille représenté par Medix Zürich et pour les modèles de prise en charge intégrée existants. Dr. Felix Huber, quels sont les avantages de votre réseau [...]

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Dans la première des trois parties de l’entretien qu’il nous a accordé, le dr. med. Felix Huber évoque les conséquences de la caisse unique pour le modèle de médecin de famille représenté par Medix Zürich et pour les modèles de prise en charge intégrée existants.

Dr. Felix Huber, quels sont les avantages de votre réseau de médecins MediX pour les patients qui y font appel ?

MediX Zürich est l’un des tout premiers modèles de médecin de famille avec coresponsabilité budgétaire. En matière de développement du Managed Care et de mise en œuvre d’idées novatrices, nous faisons figure de pionniers en Suisse. Pour nos patient(e)s, cela signifie qu’ils/elles choisissent un médecin de famille qui les prend en charge et les accompagne au travers du système des soins de santé. En optant pour ce système, les patient(e)s bénéficient d’une ristourne de 10 à 25 pour cent sur leur prime d’assurance, mais aussi de la qualité d’une médecine extrêmement réfléchie, une médecine qui fonctionne en équipe. Tous les médecins se retrouvent lors de cercles de qualité hebdomadaires où ils débattent de questions médicales et de cas qu’ils ont rencontrés dans leur cabinet. Sur notre site internet, nous avons mis en ligne plus de 70 lignes de conduite que chacun peut consulter librement. Tout cela forme un solide bloc de connaissances que les médecins peuvent mettre à profit lors des consultations.

Que signifierait une caisse unique publique pour le modèle que vous appliquez ?

Nous craignons que la caisse unique ne nuise à notre modèle. Actuellement, nous avons souscrit avec quelque 25 assureurs-maladie des contrats de coresponsabilité budgétaire qui diffèrent légèrement d’une caisse à l’autre. Nous négocions avec différents assureurs de manière à pouvoir envisager de nombreuses solutions et rechercher ensuite concrètement avec les caisses d’assurance-maladie la meilleure option pour le patient. Si la caisse unique était adoptée, nous en serions totalement dépendants et nous trouverions face à un seul partenaire de négociations, ce qui serait extrêmement restrictif pour nous. Nous serions livrés pieds et mains liés à cet interlocuteur et à cette caisse et ne pourrions nous retourner vers aucun autre assureur.

Les initiateurs assurent que la prise en charge sera plus intégrée grâce à la caisse unique. C’est tout à fait votre volonté aussi, mais est-ce réaliste ?

Les partisans de la caisse unique ont une vision du Managed Care totalement différente de la nôtre. Ils entendent l’organiser de manière pyramidale, instituer le médecin de famille ou l’infirmière comme premier point de contact dans un centre de soins et obliger les patients à se faire prendre en charge dans de telles structures. Les syndicats plaident depuis des années en faveur de ce modèle de Managed Care qu’ils appellent « interlocuteur personnel de santé ».

Ce Managed Care obligatoire ne fonctionnerait jamais en Suisse et, de plus, réduirait à néant les systèmes existants et efficaces. Si l’on se contentait d’imposer le Managed Care, je suis absolument certain qu’il serait mal appliqué. Il n’y aurait aucun incitant à faire les choses spécialement bien. Le Managed Care doit être établi à partir de la base, par des médecins motivés, convaincus par cette coopération et les cercles de qualité. On ne peut ni ordonner ni dicter un comportement réfléchi dans la médecine.

Si les médecins devaient travailler avec un seul assureur-maladie, à savoir la caisse unique publique, quelles en seraient les répercussions pour eux ?

La caisse unique serait une tragédie pour les médecins. Je me rappelle par exemple de l’histoire des tarifs des laboratoires. Ils avaient été revus à la baisse par l’OFSP (Office fédéral de la santé publique) et, malgré une opposition massive au niveau national, nous n’avons rien pu faire contre cette diminution de prix. Une caisse unique ne ferait qu’accentuer ce diktat qui ne manquerait pas de s’étendre ensuite au TARMED et, naturellement, à la marge sur les médicaments. Nous serions bien plus dépendants de cette caisse que nous ne le sommes actuellement des différents prestataires.

La caisse unique garantirait l’obligation de contracter (l’obligation de l’assureur-maladie de souscrire un contrat avec chaque médecin agréé et de payer ses prestations) dans un avenir proche. N’est-ce pas engageant ?
Absolument pas. Qui nous dit que, d’ici un an, la caisse unique ne décidera pas d’assouplir cette obligation de contracter pour certains groupes de médecins ? La caisse unique ne garantit en rien que l’obligation de contracter sera maintenue. Elle pourrait la supprimer aussi facilement qu’aujourd’hui, voire même plus facilement puisqu’elle serait seule à prendre les décisions.

Au sujet de notre interlocuteur :

Dr. med. Felix Huber est médecin généraliste FMH. Avec les dr. med. Martin Büchi et Valeria Maissen, il dirige conjointement le cabinet de groupe mediX, à Zurich. Il est président de mediX zürich et membre d’alliance santé.

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«Le Conseil fédéral va au-delà de l’objectif» /fr/actualites/le-conseil-federal-va-au-dela-de-lobjectif/ /fr/actualites/le-conseil-federal-va-au-dela-de-lobjectif/#comments Thu, 25 Jul 2013 15:48:37 +0000 admin /?p=981 Le Conseil fédéral rejette l’initiative populaire «Pour une caisse publique d’assurance-maladie», mais souhaite toutefois lui opposer un contre-projet indirect. Stefan Felder, économiste de la santé et professeur ordinaire à la Faculté de sciences économique de l’Université de Bâle, présente les dangers de celle-ci. Le Conseil fédéral a affirmé sa volonté de conserver le système actuel [...]

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Le Conseil fédéral rejette l’initiative populaire «Pour une caisse publique d’assurance-maladie», mais souhaite toutefois lui opposer un contre-projet indirect. Stefan Felder, économiste de la santé et professeur ordinaire à la Faculté de sciences économique de l’Université de Bâle, présente les dangers de celle-ci.

Le Conseil fédéral a affirmé sa volonté de conserver le système actuel de la concurrence réglementée dans le système de santé. Le contre-projet esquissé n’est-il pas diamétralement opposé à cette profession de foi?

Il convient d’évaluer séparément les différents éléments du contre-projet. Le Conseil fédéral a raison quand il souhaite développer la compensation des risques. Celle-ci est un aspect essentiel d’une concurrence réglementée avec des primes d’assurance uniformes. Or, avec ses propositions concrètes, le Conseil fédéral va bien au-delà de l’objectif. La réassurance est en effet superflue et pourrait même, suivant la manière dont elle est mise en œuvre, supprimer la concurrence entre les caisses-maladie.

C’est surtout la réassurance qui soulève un tollé. Dans les prises de position des partis politiques et dans les médias, elle est surtout qualifiée de «pool de hauts coûts», voire de «caisse unique partielle». Est-ce le cas?

«Pool des coûts élevés» décrit bien la situation, alors que «caisse unique partielle» est en-deçà de la réalité, car le danger est que la réassurance introduise la caisse unique totale par la petite porte.

Pourquoi?

A partir d’un seuil déterminé – le Conseil fédéral propose 16 000 ou 32 000 francs –, la réassurance prendrait en charge à hauteur de 80 % des coûts contre une part de prime fixe par assuré. Plus le seuil de prise en charge serait bas, plus importante serait la part des frais de santé supportée par la caisse nationale. S’il est fixé à 16 000 francs, la caisse nationale devrait prendre en charge environ 20 % de l’ensemble des frais de santé dans l’assurance de base. Dans ce cas, réassurance signifie remboursement des coûts, si les incitations à une gestion et à un comportement conscients des coûts ne sont pas améliorées, mais bien réduites. Si le seuil était fixé à 32 000 francs, l’impact serait faible. En 2002, l’Allemagne a créé un pool de hauts risques avec un seuil fixé à 20 000 euros (30 000 Fr.) et l’a abandonné en 2009 pour manque d’efficacité. Autre argument contre le pool de hauts coûts : l’amélioration prévue de la compensation des risques. Celle-ci conduira à une meilleure couverture des cas les plus coûteux et supprimera toute nécessité pour ce pool. Pourquoi introduire deux instruments de régulation quand un seul est tout à fait suffisant?

Le pool de hauts risques doit être financé par une part de prime fixe par assuré, échelonnée par canton. Quels problèmes entrevoyez-vous?

Si le seuil est fixe, le niveau des dépenses de santé varie selon les cantons. La prime de réassurance varierait donc elle aussi suivant les cantons. Les coûts pris en charge dans les cantons à prix élevés comme Bâle-Ville, Genève et Berne en représenteraient une grande part.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

Les incitations à réduire les coûts seraient ainsi fortement diminuées dans les cantons chers. Il faut en effet comprendre que le pool de hauts coûts ne se contente pas de mutualiser les coûts au-delà du seuil, il réduit aussi les effets des efforts déployés pour réduire les coûts.

Le contre-projet prévoit aussi la séparation plus stricte de l’assurance de base et des assurances complémentaires. Cela signifie que tous les assurés souhaitant une assurance complémentaire privée devraient impérativement conclure des contrats avec plusieurs assureurs.

Oui, c’est juste. Il est vrai qu’en concevant d’une certaine manière les contrats d’assurance complémentaire, les assureurs ont la possibilité d’opérer une sélection des risques dans l’assurance de base. Cependant, le Conseil fédéral rate sa cible ici également. En effet, la séparation engendrera des surcoûts conséquents qui ne sont compensés par aucun avantage pour les assurés. Au contraire, la situation serait tout à fait opaque pour eux comme pour les fournisseurs de prestations. Lorsqu’il y a couverture, qui paye, etc. ? Toutes les synergies résultant du modèle actuel, comme la fourniture des prestations par un seul organisme et la répartition des frais administratifs entre l’assurance de base et les assurances complémentaires, disparaitraient. Mieux vaut emprunter la voie des petits pas, c’est-à-dire développer peu à peu la compensation des risques.

Le Professeur Felder:

Le Prof. Stefan Felder apporte depuis bientôt 20 ans des réponses scientifiques aux questions d’économie de la santé et est expert auprès d’institutions publiques, semi-publiques et privées. De 1997 à 2008, il a enseigné l’économie de la santé à l’Université Otto von Guericke de Magdebourg. Il a ensuite occupé une chaire d’économie de la santé à l’Université de Duisbourg-Essen. Depuis début 2011, il est professeur extraordinaire et depuis 2013 professeur ordinaire de Health Economics à l’Université de Bâle. Il dirige une société allemande spécialisée dans l’économie de la santé et préside la Commission Economie de la santé de l’Association pour la politique sociale. Depuis 2011, il est l’expert en économie de la santé du Swiss Medical Board.

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La caisse unique : une expérience qui se traduit par une hausse des coûts et par la dégradation des prestations! /fr/actualites/la-caisse-unique-une-experience-qui-se-traduit-par-une-hausse-des-couts-et-par-la-degradation-des-prestations/ /fr/actualites/la-caisse-unique-une-experience-qui-se-traduit-par-une-hausse-des-couts-et-par-la-degradation-des-prestations/#comments Fri, 12 Jul 2013 13:42:58 +0000 Toni Bortoluzzi /?p=722 Je ne cesse de le répéter: l’accès de la population aux soins de santé et la qualité des prestations dans notre pays comptent parmi les meilleurs au monde. Et les différences les plus importantes se manifestent dans la comparaison avec les pays européens dotés d’un système d’assurance ayant un monopole d’Etat: insuffisance de l’offre de [...]

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Je ne cesse de le répéter: l’accès de la population aux soins de santé et la qualité des prestations dans notre pays comptent parmi les meilleurs au monde. Et les différences les plus importantes se manifestent dans la comparaison avec les pays européens dotés d’un système d’assurance ayant un monopole d’Etat: insuffisance de l’offre de soins de santé, longues files d’attente, médecine à deux vitesses, absence de modèles d’assurance novateurs et fort endettement de l’assurance-maladie sociale sont le lot de ces pays.

C’est la raison pour laquelle je m’oppose avec vigueur à l’initiative du PS pour une caisse unique. La nationalisation des actuels assureurs-maladie pour en faire une institution d’assurance en situation de monopole créerait un appareil administratif inefficace. Deux exemples le prouvent : les frais d’administration de la Suva sont deux fois plus élevés que ceux des assureurs-maladie privés. Et il suffit de se pencher sur l’AI, l’AC et l’AVS pour constater que les assurances publiques sont sans cesse le jeu des politiques, ce qui conduit, tôt ou tard, à un endettement massif.

La caisse unique n’est nullement incitée à réduire ses coûts

En outre, il suffit de jeter un regard vers l’étranger – vers l’Angleterre par exemple – pour se convaincre à quel point la qualité de l’ensemble du système de santé souffre du monopole d’Etat. La nationalisation des assureurs et la création d’une caisse unique ne se contentent pas d’engendrer une hausse des coûts des soins de santé, et donc, des primes. Elles aboutissent surtout à une détérioration des prestations.

En acceptant la LAMal, la population a marqué son attachement à la concurrence dans l’assurance de base.Nous voulons que les assureurs soient poussés et incités à conserver leurs primes à un niveau le plus bas possible, d’une part en maîtrisant leurs propres coûts et, d’autre part, en contrôlant avec rigueur les factures des prestations médicales fournies. Ils luttent ainsi contre l’augmentation des coûts des soins de santé. Tant que joue une concurrence saine, les assureurs cherchent en outre à obtenir un rapport qualité-prix optimal dans leurs négociations avec les fournisseurs de prestations – autant de facteurs qui disparaissent avec une caisse publique unique. Car la disparition de la concurrence sonne le glas des incitants à l’efficacité.

Au lieu de freiner l’évolution des coûts, la caisse publique unique accélère celle-ci, comme le confirme l’exemple de nos voisins français. Des experts estiment en effet le déficit du système de santé de la France à 10 milliards d’euros,alors qu’aucune dette ne pèse sur notre assurance-maladie actuelle.

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Procédure de consultation : pas de soutien ni à la caisse unique ni au contre-projet /fr/actualites/procedure-de-consultation-pas-de-soutien-ni-a-la-caisse-unique-ni-au-contre-projet/ /fr/actualites/procedure-de-consultation-pas-de-soutien-ni-a-la-caisse-unique-ni-au-contre-projet/#comments Tue, 02 Jul 2013 08:00:07 +0000 admin /actualites/keine-unterstutzung-fur-einheitskasse-und-gegenvorschlag-in-der-vernehmlassung-2/ Le verdict est clair : le conseiller fédéral Berset n’a reçu pratiquement aucun soutien pour son contre-projet à l’initiative pour une caisse-maladie unique. Les partis bourgeois, le centre, les fédérations de fournisseurs de prestations, les consommateurs, les acteurs économiques, l’artisanat et l’industrie ainsi qu’une majorité de cantons repoussent la caisse unique et le contre-projet. Celle-ci [...]

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Le verdict est clair : le conseiller fédéral Berset n’a reçu pratiquement aucun soutien pour son contre-projet à l’initiative pour une caisse-maladie unique. Les partis bourgeois, le centre, les fédérations de fournisseurs de prestations, les consommateurs, les acteurs économiques, l’artisanat et l’industrie ainsi qu’une majorité de cantons repoussent la caisse unique et le contre-projet. Celle-ci met en effet en péril la qualité actuellement très élevée du système de santé suisse, abolit le libre choix des assurés et gonfle les coûts.

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Balet Emery /fr/copresidence/balet-emery/ /fr/copresidence/balet-emery/#comments Thu, 27 Jun 2013 16:34:47 +0000 admin /actualites/balet-emery-2/

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Kuprecht /fr/copresidence/kuprecht/ /fr/copresidence/kuprecht/#comments Thu, 27 Jun 2013 16:31:38 +0000 admin /actualites/kuprecht-2/

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Contrôler les coûts des soins de santé grâce à la concurrence /fr/actualites/controler-les-couts-des-soins-de-sante-grace-a-la-concurrence/ /fr/actualites/controler-les-couts-des-soins-de-sante-grace-a-la-concurrence/#comments Wed, 05 Jun 2013 09:45:56 +0000 Barbara Schmid-Federer /?p=594 Les coûts des soins de santé et, partant, de nos primes augmentent chaque année. Cette évolution est suivie attentivement, à juste titre, mais pas toujours interprétée correctement. La progression des coûts s’explique pourtant facilement de manière objective. La qualité a un prix et le système suisse des soins de santé est unique, tant du point [...]

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Les coûts des soins de santé et, partant, de nos primes augmentent chaque année. Cette évolution est suivie attentivement, à juste titre, mais pas toujours interprétée correctement. La progression des coûts s’explique pourtant facilement de manière objective.

La qualité a un prix et le système suisse des soins de santé est unique, tant du point de vue de l’excellence que du niveau des traitements. En outre, les patient(e)s suisses font usage de leur droit au libre choix et exploitent largement l’offre existante (voir l’article du Schweiz am Sonntag). Cela entraîne naturellement une hausse des coûts, mais aussi de notre bien-être général et, de ce fait, de notre qualité de vie.

Les assureurs-maladie contribuent à juguler les coûts

Il reste cependant de notre devoir de mettre tout en œuvre pour maintenir un rapport optimal entre les coûts et les prestations au sein du système des soins de santé. Pour ce faire, le plus simple est de laisser jouer la concurrence lorsque cela fait sens et, le cas échéant, de corriger les obstacles existants. La concurrence entre assureurs-maladie contribue de manière importante à maîtriser les coûts. En effet, elle les incite à contrôler les factures des médecins afin d’éviter les traitements superflus ou trop onéreux, ce qui permet d’économiser 2 milliards de francs en primes chaque année. Dans un système public de soins de santé dépourvu de concurrence, la pression des coûts retombera progressivement sur les patient(e)s.

La caisse unique compromet la qualité.

C’est la raison pour laquelle nous devons veiller à préserver notre système de soins de santé suisse qui fonctionne très bien. Je dis non à la caisse unique car elle met en péril la qualité de nos soins de santé et entraîne en fin de compte une hausse des coûts.

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La caisse unique ne freinera pas la hausse des primes /fr/actualites/la-caisse-unique-ne-freinera-pas-la-hausse-des-primes/ /fr/actualites/la-caisse-unique-ne-freinera-pas-la-hausse-des-primes/#comments Wed, 08 May 2013 12:16:07 +0000 Urs Schwaller /?p=545 L’adoption d’une caisse unique publique n’entravera pas la hausse des primes des caisses-maladie. C’est une fausse solution perverse qui détourne l’attention des véritables problèmes du secteur de la santé. La flambée des coûts ne peut être jugulée que par l’alliance entre concurrence et intervention de l’État. Nous sommes tous touchés par la hausse des primes [...]

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L’adoption d’une caisse unique publique n’entravera pas la hausse des primes des caisses-maladie. C’est une fausse solution perverse qui détourne l’attention des véritables problèmes du secteur de la santé. La flambée des coûts ne peut être jugulée que par l’alliance entre concurrence et intervention de l’État.

Nous sommes tous touchés par la hausse des primes des caisses maladie. Cette augmentation des coûts est due à l’accroissement de nos besoins et à l’amélioration de l’offre de soins. L’initiative en faveur d’une caisse unique publique détourne l’attention des véritables problèmes de la santé en combattant les symptômes et non les causes. L’un des principaux arguments des auteurs de l’initiative repose sur le montant prétendument élevé des frais administratifs des assureurs privés. Ils représentent en réalité cinq pour cent, soit la moitié de ceux de la SUVA, par exemple.

Concurrence contre monopole

La caisse unique abolirait la concurrence entre assureurs, mais aussi, partant, la possibilité pour l’assuré de choisir son assureur, ce qui le lierait obligatoirement à la caisse publique et à son monopole de fait.

Les organes dirigeants de la caisse unique seront composés notamment de fournisseurs de prestations, tels que des médecins et des hôpitaux qui détermineront le montant des primes qui financeront leurs prestations et donc, en fin de compte, leurs revenus. Ils n’auront donc pas réellement intérêt à voir les primes baisser. Autant dire que les coûts ne feront qu’augmenter.

Une concurrence efficace et transparente telle que celle que nous connaissons aujourd’hui permet une bonne négociation des tarifs qui allège le fardeau supporté par les assurés. La concurrence entre plusieurs assureurs maladie est préférable au monopole public.

Agissons maintenant – ne perdons pas de temps

Certaines problématiques restent en chantier dans le domaine de la santé. Le débat relatif à la caisse unique publique doit donc se dérouler rapidement et sans contre-projet. Faute de réponse prompte, certaines réformes importantes resteront en suspens pendant un à deux ans. C’est pourquoi la majorité bourgeoise au Parlement a transmis des motions, qui demandent que l’initiative soit rapidement soumise au peuple et qu’aucun contre-projet ne lui soit opposé. De la sorte, le Parlement pourra examiner l’initiative dans les délais requis et le peuple se prononcer plus rapidement. Compte tenu de l’augmentation annuelle des primes, il n’y a pas de temps à perdre ; c’est maintenant qu’il faut s’atteler aux réformes importantes.

En savoir plus…

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